- Paraît chaque dimanche à 8 heures tapantes, méridien de Paris -

dimanche 26 août 2012

hernie, tétracorde et haruspice




"Vetus autem illud Catonis admodum scitum est, qui mirari se aiebat, quod non rideret haruspex, haruspicem cum vidisset.


"On connait bien ce bon mot, déjà ancien, de Caton: il disait s'étonner qu'un haruspice pût regarder un autre haruspice sans rire."


Buste - supposé - de Caton l'Ancien


Avant d'entamer le sujet de ce dimanche, avez-vous lu la nouvelle?

Vous savez (voir "le pourquoi et le comment") que deux hypothèses sont toujours en concurrence quant à l'origine géographique du proto-indo-européen: certains penchent pour la plaine pontique, au nord de la mer Noire, tandis que d'autres optent pour l'Anatolie - ce qui correspond grosso modo à la Turquie d'aujourd'hui).
Il semblerait que la seconde hypothèse puisse l'emporter…
En attendant la nouvelle qui remettra tout en question, bien entendu.

La propagation depuis l'Anatolie


Sur ce - rien à voir - j'aimerais vous parler d'une racine proto-indo-européenne qui correspond à l'idée d'entrailles…!

J'ai nommé:

*gherə-


C'est à *gherə- que nous devons le latin hira, intestin grêle au singulier, intestins au pluriel.

Le latin hernia ("chair saillante"), qui nous a donné le mot hernie, provient d'une forme suffixée en -n de la racine: *gherə-n-

Le latin haruspex (ou aruspex) serait également un composé de hira et du verbe specio ("regarder, inspecter").
Le haruspex, l'haruspice, était un devin d’origine étrusque qui faisait profession d’annoncer l’avenir par l’inspection des entrailles d'animaux sacrifiés.

Haruspice

C'est parce qu'il fut un temps où il y en avait une telle pléthore à Rome, et qu'ils étaient pour la plupart considérés comme de solides charlatans, que Caton avait sorti son bon mot, repris en exergue par Cicéron, que l'on pourrait actualiser par:
"- Que se disent deux haruspices qui se croisent?
- Rien, ils ne peuvent s'empêcher de rire."

Notez que, sans rire cette fois, il se pourrait que "harus" ne provienne pas du latin hira, mais qu'il s'agisse plutôt d'un emprunt à l'étrusque - langue non indo-européenne, l'étrusque haru ayant également signifié "entrailles"… A suivre…

Ce qui est nettement plus certain, en revanche, c'est que *gherə- a donné Garn en allemand, ou encore garn en suédois: "fil".

L'anglais en a gardé la trace dans le mot yarn (le fil), toujours via le germanique *garnōfilcorde.

Euh, oui, parce qu'à l'origine, on devait produire du fil, de la ficelle à partir de boyaux d'animaux.

C'est pour cela, d'ailleurs, qu'en latin, une forme particulière de la racine: *ghorə-d, s'est dérivée en chorda (ou sa variante corda), pour désigner le nerf, le tendon, le boyau, puis la corde à boyau, puis enfin la corde en général.

Les français "corde", ou "cordon", viennent de là.

Le latin chorda provenait du grec ancien: on retrouve χορδά (khorda) en dorique, ou χορδή (khordē) en ionien, avec comme signification "corde de boyau", mais aussi "corde d'une lyre".

Car vous ne l'ignorez certainement pas, les cordes d'instruments de musique sont à l'origine constituées de boyaux d'animaux.

Nous trouvons encore trace de *gherə- en sanskrit, avec हिर (hira), le collier de perles!

L'anglais chord, l'accord musical, provient du latin chorda, ce qui rappelle à nouveau l'origine intestine et animale des cordes des instruments de musique.

Musicalement parlant, *gherə-, toujours par sa forme *ghorə-d, nous a également légué le tétracorde!
Au départ, le tétracorde désigne un ancien instrument de musique grec, utilisant, vous l'aurez deviné, quatre cordes.

Un tétracorde devait ressembler à cela,
mais avec quatre cordes...

Mais le mot s'est étendu bien vite à un concept musical important, voire fondamental:

Le tétracorde est un polycorde constitué de quatre notes conjointes qui se suivent dans le sens ascendant et qui sont séparées respectivement par 1 ton, 1 ton,  et 1/2 ton (par exemple: do - ré - mi - fa, ou sol - la - si - do).

Le concept de tétracorde est considéré par les théoriciens grecs comme l'unité fondamentale pour la formation des échelles mélodiques.
Dans la musique occidentale tonale, on considère qu'une gamme majeure est constituée de deux tétracordes séparés par un ton (par exemple, pour do majeur: do - ré - mi - fa // sol - la - si -do).

Ce qui est amusant, c'est que le français "accord", le pendant de l'anglais "chord", ne vient pas du tout - mais alors, pas du tout! - de chorda, mais bien du bas latin accordare, composé du préfixe ad- et de cors/cordis ("cœur").

S'accorder, en français, c'est en quelque sorte "rapprocher les coeurs".
Disons les "mettre à l'unisson", pour retrouver une image musicale.

Enfin, pour rappel, le mot "chorale" ne vient pas non plus de *gherə-/*ghorə-d, mais bien du latin chorus, lui même du grec ancien χορός, khoros: "danse en rond" (voir - ou revoir! - jardins, courtisans, choeurs et ortolans)




Bon dimanche à toutes et tous!

PS: Delenda Carthago.



Frédéric l'Ancien

dimanche 19 août 2012

The Queen, une femme comme les autres




"Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen,
Tod und Verzweiflung flammet um mich her!"

"La vengeance de l'enfer brûle dans mon coeur,
Mort et désespoir m'embrasent!"

Der Königin der Nacht
début de l'Aria de la Reine de la Nuit
Die Zauberflöte, KV.620, Mozart & E. Schikaneder




Diana Damrau: à mes yeux - et mes oreilles - et mon coeur -
une des plus grandes "Reine de la Nuit"...


Nous savons déjà (voir Mort, nectar et liquidation de dette, ou des Bantous aux Teutons, ou encore une nuance plus blanche de pâleur), que c'est à la racine proto-indo-européenne *reg-1, qui portait l'idée de "mener", de "rectifier", que nous devons "rex", "roi", "rajah"…

C'est sur elle aussi que se sont créés, en toute logique, "reine", et aussi le féminin de rajah: rani
Le grand roi, en sanskrit, c'était le Maharadjah, et la grande reine, la Maharani. (Maha à rapprocher du latin Magnus par exemple)

Et cette racine *reg-1, nous la retrouvons dans de très nombreux dérivés, avec le sens de "rectifier, droiture", ou de "mener": recteur, royaume, Reich, règne, régalien, règle … …

Le français "riche" vient même de là, via le francique *riki ("puissant").
En ancien français, le mot avait encore gardé ce sens de "puissant"; ce n'est qu'au cours du XIIIe siècle que le sens de "prospère" l'a emporté, car le riche, c'était le puissant… 
Nihil novi sub sole comme dirait l'autre…


Mais alors, et l'anglais King, alors? Ou les allemands König / Königin, les néerlandais koning et koningin...

Oui: tous ces mots germaniques en "K" n'ont pas de lien avec *reg-1.

… Mais bien avec une autre racine proto-indo-européenne, dont nous avions relevé d'autres dérivés dans Tour de France et Tour de Babel

*genǝ-

Je ne peux que vous conseiller de relire ce billet… 
Mais pour rappel, *genǝ- véhiculait les notions de "donner naissance, enfanter, engendrer". 

Tous ceux de la "même naissance", de la même lignée, mais c'est la famille
En germanique, *genǝ- s'est dérivée en *kunjam: la famille. 

Et le germanique *kuningaz, à l'origine de King, König, basé sur *kunjam…, signifiait "le roi", probablement dans le sens de celui qui régnait sur la famille (pensons aux chefs de Clans écossais), ou alors parce qu'il désignait celui qui était issu d'une famille particulière, une famille régnante, le titre étant déjà transmis de père en fils, en suivant la lignée…

Le proto-slave *kъnęzь ("kniez") provient de cette souche germanique, sur lequel notamment le russe князь ("kniaz") s'est bâti. 
Vous connaissez certainement Князь Игорь: le Prince Igor, l'opéra de Borodine



Notez que "Prince" n'est peut-être pas la meilleure traduction qui soit: Князь désigne en fait un rang de noblesse royale, que l'on pourrait très bien traduire par "roi", ou "duc"...

Tiens, et le son "g" si typique du germanique a disparu en slave?

Eh bien, oui et non: car on le retrouve dans le russe княгиня (kniaguinia: la Princesse).


Bon, et "Queen"? C'est une simple altération de King?

Eh bien non, PAS DU TOUT!

"Queen" provient d'une toute autre racine proto-indo-européenne, qui n'a aucun rapport avec *genǝ-

*gʷen-

*gʷen-, mais c'est ... la femme

C'est *gʷen- qui a donné le grec ancien γυνή, gunê: "femme". 
Qui nous a à son tour donné tous les mots en gyné-, de gynécée à gynécologue

C'est également *gʷen- qui est à l'origine du persan zan: femme.

Ou du vieil irlandais ben: "femme", qui se retrouve dans "Banshee": "la femme des sídhe": Ban - femme, shee - sídhe; les sídhe étant les collines et sommets qui parsemaient le paysage irlandais, réputés pour servir de résidence aux créatures surnaturelles. 

On racontait qu'une Banshee, par ses lamentations, prévenait de la mort d'un proche…

Selon la mythologie écossaise, on voyait une Banshee nettoyer les traces de sang sur les vêtements ou l'armure de celui qui allait bientôt mourir de ses blessures au combat…

La Banshee


Et donc, "Queen", c'est aussi la femme
Passé du proto-indo-européen par le germanique *kwēniz: femme, épouse, reine.

Photo du Couronnement de sa Très Gracieuse Majesté

Dans la culture indo-européenne oh combien patriarcale, il y a souvent confusion entre la femme et l'épouse (ou en d'autres termes, une femme n'est vraiment considérée qu'à partir du moment où elle est épouse!)…
Il suffit de penser au français "femme", qui signifie tout autant "femme" qu'"épouse"…

Et donc, "Queen" devait probablement s'entendre comme "la femme", certes, mais pas n'importe laquelle: la femme… du Roi… 




Frédéric

Pssst! Lisez aussi...
Quel foin pour une femme en faon...


dimanche 12 août 2012

Elle a les yeux nuage radioactif, elle a le regard qui tue


article précédent: de la quenouille à la Lune



Marc Lavoine



Je voudrais, en ce dimanche, vous parler d'une racine proto-indo-européenne qui n'a pas donné, à ma connaissance du moins, de mots en français.

Alors, quel intérêt?

En fait, elle nous a livré deux mots que nous employons bien en français, mais sans que nous les considérions comme des mots français…  Ils ont conservé leur origine étrangère.

Et ces deux mots, tout le monde les connaît…

Vous allez comprendre!


Alors, avant de commencer, juste un tout petit aparté sur les racines "doublons": 

Parfois, des recherches sémantiques sur une famille de mots précise permettent de reconstruire une racine proto-indo-européenne qui, au bout du compte, ressemble comme deux gouttes d'eau à une autre racine reconstruite, alors que cette dernière est l'étymon d'une toute autre famille de mots. 

Ces racines, identiques par la forme, n'ont donc pas grand-chose à voir l'une avec l'autre. 
Il se fait simplement que la retranscription que nous en faisons, imparfaite et hypothétique par définition, les rend formellement identiques. 

Mais le sens qu'elles ont dû véhiculer ne les rapproche aucunement. 

Quand cela arrive, les linguistiques leur attribuent un numéro, puisque la retranscription ne permet pas de les distinguer. 

On trouve ainsi dans les dictionnaires étymologiques des racines identiques, mais suivies d'un indice 1, 2, 3, 4...

Et la racine de ce dimanche, numéro 1 a une jumelle numéro 2.


La racine en question, la voici enfin:

*kers-1

Les sens que l'on y associe? L'idée de "noir", "sombre", voire "sale".

Quant à *kers-2, dont je parlerai bien un jour!, elle correspond plutôt à l'idée de "courir".
Rien à voir, donc.


A *kers-1, nous devons le nom du dieu probablement le plus populaire du panthéon hindouiste, j'ai nommé: Krishna.

Krishna


Krishna est le huitième des avatars de Vishnou.
Juste avant Bouddha, qui en est le neuvième.
Saviez-vous qu'il y a encore un avatar de Vishnou à venir? Kalkî, qui sera le dixième et dernier de la série...

Vishnou et ses avatars


Le nom Krishna provient du sanskrit कृष्ण, Kṛṣṇa, qui signifie littéralement "le noir", "le foncé", "le bleu-noir".

Pour les tenants du Gaudiya Vaishnavisme, Krishna représente la divinité suprême à l'origine de toutes les autres.
Il est en tout cas la divinité la plus vénérée de l'Inde, et à l'origine de nombreuses sectes bhakti dédiées à son adoration.

Et il suffit d'en voir une représentation pour comprendre à quel point il porte bien son nom …


En russe, la racine proto-indo-européenne *kers-1, en passant par le proto-slave, a engendré l'adjectif чёрный ("tchorniie"): noir.

Ah, vous devez connaître la chanson russe "Les yeux noirs": Очи чёрные ("Otchi tchorneuye"), basée sur une mélodie tzigane.
Les paroles en furent écrites en 1843 par le poète ukrainien Yevhen Hrebinka.



C'est un peu le pendant slave des "yeux révolvers" de Marc Lavoine:

"Очи черные, очи страстные! Очи жгучие и прекрасные! Как люблю я вас! Как боюсь я вас!
"Yeux noirs, yeux pleins de passion! Yeux brûlants et si beaux! Comme je vous aime, comme je vous crains!"

Mais ce n'est malheureusement pas par "Очи чёрные" que l'adjectif russe чёрный - noir donc - s'est rendu célèbre en nos contrées occidentales…

Eh non…

Il s'est plutôt répandu chez nous comme, disons, un nuage radioactif.

Oui, Чернобыль - Tchernobyl, en ukrainien: Чорнобиль (Tchornobil), le nom de la plaisante localité ukrainienne réputée pour la qualité, la modernité et le niveau de maintenance des ses centrales nucléaires, signifie littéralement "herbe (ou plante) noire": Черно: noir - быль: herbe.

Non, pas envie de mettre une image du lieu


L'herbe noire dont il s'agit, c'est l'armoise, cousine de l'absinthe, qui devait abonder je suppose, dans la région de la coquette bourgade.

Armoise

Maintenant, il y en a toujours, elle est juste fluo et mesure 15 mètres de haut.


Notez, nous Belges le savons maintenant, le peu du nuage radioactif qui nous est tombé sur la tronche n'est arrivé que par l'est ou le nord: l'Allemagne, le Grand-Duché de Luxembourg…

Car HEUREUSEMENT, nous en avons été totalement épargnés par le sud, les frontières françaises au sud de notre pays ayant hermétiquement bloqué le nuage radioactif hors de l'Hexagone.

Pas d'inquiétude, donc!

C'est par ailleurs le même phénomène qui est à l'origine du savoureux discours humoristique étasunien devant l'Assemblée des Nations-Unies, qui prouvait aux yeux du monde la présence d'armes de destruction massive en Irak; on appelle ça la "raison d'état".
Ou encore, d'une façon plus imagée: "ils nous prennent vraiment tous pour des abrutis".




Frédéric


dimanche 5 août 2012

de la quenouille à la Lune


article précédent: 
Björn et Ursula, même combat



"Allo allo, ici la Terre, fusée lunaire, répondez…"





La racine *ruk- ne fait peut-être pas partie du vocabulaire indo-européen commun, le proto-indo-européen, car on n'en retrouve les dérivés les plus directs que dans les langues celtes et germaniques.

On peut donc supposer qu'elle est arrivée "sur le tard", qu'elle n'est apparue qu'après la supposée séparation en différents groupes linguistiques du peuple indo-européen originel.

Quoi qu'il en soit, cette racine *ruk- évoque l'idée générale de "tissu filé, de filage, de tissage"…


L'italien l'a récupérée, par le biais du germanique *rukkōn-, et en a fait rócca: la quenouille.

Curieux mot! Celui qui ne le connaît pas pourrait lui prêter quelque sens bien graveleux, ou penser au croisement improbable entre une quenelle et une grenouille.

Quenelle, ...

Grenouille, ...

Quenouille.

Il n'en est évidemment rien: Wikipedia nous enseigne que la quenouille, c'est cet ancien instrument que l'on utilisait pour le filage du lin, ou plus généralement des matières textiles, constitué d'une tige de bois ou d'osier, et qui servait à enrouler les fibres non encore filées, pour éviter qu'elles ne s'emmêlent.

La quenouille s'utilise aussi bien avec un rouet - elle est alors placée tout près de la bobine, qu'avec un fuseau.
Dans ce cas on la tient sous un bras et on maintient le fuseau de l'autre main.

Quenouille sur rouet


(Pour tout vous dire, "quenouille" provient de la racine proto-indo-européenne *kʷel-, qui véhicule l'idée de cycle, de cercle, de roue… Oui, on y reviendra! Voir ICI!!)


Mais revenons à notre italien rócca: sur rócca s'est créé le diminutif rocchétto.
Qu'on pourrait traduire par "bobine"…

Bobine de coton

Alors, comment est-on passé de la quenouille à la bobine: grand mystère.
Il s'agissait en tout cas de deux éléments certes distincts, mais qui se retrouvaient l'un et l'autre sur le rouet. Alors peut-être y a-t-il eu confusion des deux… Et puis, bien sûr, ils ont en commun de recevoir du fil enroulé.

En tout cas, ce qu'il faut retenir du rocchétto, c'est sa forme si particulière: cylindrique

C'est parce que certains projectiles partageaient cette forme caractéristique que dès le 17ème siècle, on les a baptisés rocchétti

Les Anglais ont repris et anglicisé le mot, pour en faire… rocket (la fusée, le missile)!
Et l'on parle maintenant de roquette en français, par simple francisation de l'anglais.

La fusée de Tintin sur le pas de tir

En français toujours, nous avons hérité de "rochet", vieux mot désignant la bobine servant à dévider la soie, issu du germanique *rukka-.

Mais en vieux français, par héritage du germanique *rukkōn-, nous avions aussi le "rocquet": "l'embout mis à la lance pour qu'elle ne blessât point lors d'un tournoi".

Là encore, c'était la forme évoquée par l'objet, cylindrique, qui avait servi à le désigner.


Ce qui est amusant, c'est que le mot français "fusée" est un cousin - non pas germain, mais latin! - de "fuseau", car ils proviennent bien de la même racine! ("Fusée" étant d'ailleurs calqué sur "fuseau").

Le fuseau, c'est la petite tige de bois renflée en son milieu, pointue à un bout et arrondie à l’autre et dont on se sert pour filer à la quenouille et tordre le fil, afin de le rouler à mesure qu’il se forme.

Fuseau


Fuseau et fusée proviennent de cette autre racine proto-indo-européenne dont nous avons parlé précédemment: *gheu- (voir en attendant *gheu-*dyeu-), via le latin fucus, de fundo: répandre, verser, épandre.

Fuseau est créé sur le sens métaphorique que fundo pouvait revêtir: "verser, tourner, retourner".

Quant à fusée, il se base sur le même fundo, reprenant l'idée de se répandre, d'où jaillir.


Allez, une petite dernière sur quenouille; on ne s'en lasse pas...
Connaissez-vous l'expression "tomber en quenouille"?

Le travail du fil était essentiellement féminin (pensez à la Belle au Bois Dormant qui se piquera à sa quenouille).

La Belle au Bois dormant (à gauche) s'apprêtant
à se piquer à la quenouille

Eh bien, la loi salique, instituée par les Francs depuis le VIe siècle, reposait sur la crainte que la couronne royale ne "tombe en quenouille", c’est-à-dire aux mains des femmes...



Frédéric

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