Edmund Hillary et Tenzing Norgay |
L'Everest Irish Pub de Katmandou. Si si, il existe vraiment, et il est vraisemblablement le plus haut pub irlandais du monde. |
- le tokharien B īke, pour « lieu, endroit ; position ».
- snaice tallānt ikemem, « depuis un lieu pauvre, misérable »,
- sañ mäskelye yakene, « à l'endroit qui lui était assigné »,
- sle-tassäntse ikene, « en lieu et place du commandant de la montagne »,
- tumem c[ai] brāhmani tot ike-postäm̥ ynemane Aran̥emiñ lānte yapoyne kamem̥, « alors, ces brahmanes, se déplaçant de lieu en lieu (ike-postäm̥), arrivèrent au royaume du Roi Aranemin ».
Le 31 juillet, nous avons débusqué,
dans les langues germaniques, cette fois,
le gotique 𐍅𐌴𐌹𐌷𐍃, weihs, « village ».
- l'ombrien, vocu-cum, « maison»,
- le latin vīcus, « rue ; quartier, voisinage ; bloc de maisons ; village, hameau » voire « bien, domaine, propriété foncière… »,
- vīcātim, « de rue en rue, de quartier en quartier »,
- vīcīnus, « voisin, voisinage »,
- vīcīnitās, « proximité, voisinage »,
- vīlla, « maison de campagne, exploitation agricole, ferme… »,
- vīlicus, « fermier, gestionnaire de la ferme »,
- vīlica, « femme du fermier ».
- le français vicinal,
- le français voisin,
- les toponymes français vic, vicq, vicques, vix,
- l'espagnol Vigo,
- le catalan Vic,
- peut-être le -vic de Volvic,
- l'italien vico, « village, hameau ; district ; allée, chemin, ruelle… »,
- l'anglais dialectal du sud est (East Anglia et Essex) wick, « ferme », spécialement « ferme dédiée à l'élevage laitier »,
- les suffixes toponymiques anglais -wick et -wich,
- l'anglais désuet ou dialectal wike, « maison, logis »,le vieux frison wik, « village... »,
- le vieux saxon wīk, « village, habitation... », d'où Brunswick,
- le néerlandais wijk, « voisinage, district », utilisé notamment comme suffixe dans Graswijk ou Noordwijk...,
- le vieux haut allemand wīh, « village », d'où le moyen haut allemand wīch, qui, repris du moyen bas allemand wîkbelde, donnera wīchbilde, d'où l'allemand Weichbild d'emploi littéraire ou daté, « zone urbaine », auquel on préfère maintenant le très germanique Stadtgebiet,
- le vieux norois vík, dont le sens est passé de « village » à « bras de rivière, crique, fjord ».
- l'anglais York, dérivé de l'anglo-saxon Eofer-wīċ.
- ville
- village.
- villette,
- villégiature, emprunt à l'italien villeggiatura, « séjour à la campagne »,
- villa, emprunt (calque) de l'italien villa,
- villanelle, emprunt à l'italien villanella,
- vilain, issu du bas latin villanus, « habitant de la campagne ».
- le nom propre français Villers, emprunt au latin vīlla, « ferme… », via l'adjectif latin villāris, « de ferme ; relatif à la ferme, à la maison de campagne »,
- son équivalent germanique, l'allemand Weiler, « hameau », que l'on retrouve également en suffixe, sous les formes -weiler et -wil.
- le vieil irlandais fich, « village (de campagne) ; ferme ; district rural ; étendue de terre »,
- le breton gwig, « village (de campagne) » (parfois retranscrit Gwik ou Gui),
- le gallois gwig, « village (de campagne) ; rue, bois »,
- le cornique gwig « village ; village de la forêt », devenu également nom propre (Gwig, anglicisé en Gweek).
- le vieux slavon d'église вьсь, vĭsĭ, « village »,
- le russe весь, viesʹ, rare et daté, remplacé aujourd'hui par дере́вня, diriévnja, « petit village, hameau », ou alors село́, siló, toujours « village », mais quand il s'agit d'un village de plus grande importance (весь, viesʹ, apparaît encore dans des expressions figées, comme города́ и ве́си, garadá i viési, pour « villes et villages »),
- le vieux tchèque ves, dont sera issu le tchèque ves, « village »,
- le slovaque ves, toujours « village », également présent en tant qu'élément toponymique nommant un village ou une petite ville, comme dans Slovenská Ves, Karlova Ves, Devínska Nová Ves, Spišská Nová Ves...,
- le vieux polonais wieś, dont sera issu le polonais wieś, « village », mais employé aussi pour désigner « le pays » au sens de zone rurale, par opposition à la ville,
- le silésien wieś, « village... »,
- le bas-sorabe wjas, « village... »,
- le haut-sorabe wjes, « village... »,
- le bulgare вес, ves, désignant notamment, dans le lexique historique, un hameau (ou un petit campement) qui ne possédait pas l'infrastructure nécessaire pour pouvoir être qualifié de village, et ce avant 1396, année funeste qui marque l'invasion ottomane, correspondant à l'une des plus sombres périodes de l'histoire bulgare,
ou
- le serbo-croate vas, ves, « village ».
Plus de 20 villes et villages ont été repris en 24 heures, selon Kiev. - L'Echo, 12 septembre 2022
Le 2 octobre, nous avons mis en évidence la similitude formelle de mots composés tels que...
- le lituanien viēšpats, « seigneur », et son pendant féminin viēšpati, « reine, maîtresse, dame... »,
- le vieux prussien waispattin, « maîtresse de maison, dame »,
- les albanais zot, « seigneur » et zonjë, « dame », zot descendant du proto-albanais *w(i)tspáti et zonjë du proto-albanais *w(i)itspátnjā,
- le sanskrit विश्पति, viśpáti, « chef d'un village ou d'une tribu », ainsi que son pendant féminin विश्पत्नी, viśpátnī,
- l'avestique 𐬬𐬍𐬯𐬞𐬀𐬌𐬙𐬌, vīspaiti, « chef d'un district, d'un clan ou d'une maison»,
- le vieux perse de même sens 𐎻𐎰𐎳𐎫, *viθfáti,
- le tokharien A wikpots, « chef de clan ».
- l'attique οἶκος, oîkos, « maison, lieu de séjour de toute nature, pièce, chambre, maisonnée, le pays où l'on est né... »,
- le dorien ϝοῖκος, woîkos,
- le mycénien 𐀺𐀒, wo-i-ko-de, « de retour (chez soi, à la maison) ».
- le composé grec ancien οἰκονομία, oikonomía, « gestion de la maison », qui nous donnera économie,
- le verbe composé οἰκοδεσποτέω, oikodespoteó, « gouverner la maison, présider aux affaires familiales, être le maître de maison... ».
Le 16 octobre, nous avons traité de quelques mots français dérivés d'une façon ou d'une autre du grec ancien οἶκος, oîkos, « maison, lieu de séjour de toute nature, pièce, chambre, maisonnée, le pays où l'on est né... » :
- écologie, francisation de la création allemande Ökologie,
- monoïque, désignant une espèce dont les fleurs unisexuées mâles et femelles sont portées par le même pied,
- dioïque, désignant des plantes ayant les fleurs mâles et les fleurs femelles sur des pieds différents,
- euryèce, du grec ancien εὐρύς, eurus, « large », et οἶκος, oikos, « lieu d'habitation », caractérisant une espèce ayant une grande valence écologique,
- synœcisme, emprunt savant au grec ancien συνοικισμός, sunoikismós, littéralement communauté de maisons,
- œcuménique, littéralement « universel », d'où « général », et qui, dans un sens spécialisé, exprime en religion l'idée de « qui concerne ou rassemble tous les croyants de confession chrétienne »,
- diocèse, lointain dérivé de δῐοίκησῐς, dioíkēsis.
Une texture onctueuse et crémeuse combinée avec de délicieux ingrédients pour un goût unique :
Le 23 octobre, nous avons encore traité de deux mots anciens grecs parvenus jusqu'à nous :
- πάροικος, paroikos, proprement « celui qui habite à côté, voisin ; « celui qui séjourne (quelque part) », notamment à l'origine du français paroisse, de l'italien parroco, « curé», de l'espagnol párroco, « curé», des anglais parish, « paroisse » et parochial, « paroissial »,
et
- μέτοικος, métoikos, « celui qui a changé (ou change) de résidence », à l'origine de notre français métèque.
Πάροικος καὶ παρεπίδημος ἐγώ εἰμι μεθ ὑμῶν
- le sanskrit वेश्, veś, « s'asseoir, s'installer, entrer dans... »,
- le sanskrit विश्, víś, qui peut désigner tant le village ou la maison que la communauté, la tribu,
- le sanskrit वेश, veśa, qui peut désigner, selon le contexte, celui qui s'installe, le voisin, la maison, mais aussi la maison close.
- et surtout -
- le verbe sanskrit विशति, viśáti, tout simplement... « entrer dans... ».
- उपविशति, upaviśati, où vous retrouvez le préfixe उप-, upa-, «sous, en-dessous... », qui descend de l'indo-européen *(h1)upo-, «vers le haut, d'en-dessous... », celui-là même qui donnera le latin sub, su(b)s, « sous, en-dessous, du dessous... ».
उपविशति , upaviśati, peut se traduire par « s'asseoir, s'installer, prendre un siège... ».
- le prâkrit (disons que le prâkrit est au sanskrit ce que le latin vulgaire est au latin classique) 𑀉𑀯𑀯𑀺𑀲𑀇, uvavisaï, « s'asseoir... »,
- le népalais बस्नु, basnu, « s'asseoir... », ce qui vous permet enfin d'apprécier la présence de cet extrait de texte en exergue
- Uuh ?
- Mais oui, OH !, on y parle de s'asseoir, au Népal...
Bon, ça va, j'ai compris, n'en rajoutez pas. Allez trouver, vous, un texte d'intro pour un article pareil ! |
- soyons fous -
- l'odia (ou oriya, l'une des langues officielles de l'Inde, parlée dans l'État de l'Odisha, bordé par le Golfe du Bengale) ବସିବା, bôsiba, toujours... « s'asseoir... ».
- l'avestique 𐬬𐬍𐬯, vīs, « entrer... »,
- l'avestique 𐬬𐬍𐬯𐬇𐬧𐬙𐬉, vīsə̄ṇtē, parfait cognat (tant sémantiquement que formellement) du sanskrit विशति, viśáti, «entrer dans... ».
- l'avestique vaēsma, « maison, village... »,
- le moyen perse (ou mieux : le pèhlevî) wys'y-, « entrer, entrer dans... »,
- le moyen sogdien (je l'aime bien aussi, celui-là, même s'il ne pourra jamais remplacer le moyen gallois dans mon cœur) 'nwysn't, « introduire, initier... ».
Kaniguram, toponyme signifiant littéralement boîte (ram) d'aliments pour chiens (kanigu) |
entrer (en voiture) au Waziristan |
- vieux perse viθ-, « résidence »,
- khotanais bäsä-, « maison »
ruines de ce qui avait dû être une maison, au Khotan (l'un des incroyables clichés de l'expédition de Sir Aurel Stein, 1900-1901) |
Amis lecteurs, nous voilà arrivés à la fin de notre grand voyage.
Oui, il existe des liens étroits entre votre sandwich, votre villa, le tokharien B īke, « lieu, endroit ; position », le tchèque ves, « village », l'anglais York, le grec ancien οἶκος, oîkos, « maison, lieu de séjour de toute nature, pièce, chambre, maisonnée, patrie... », la paroisse et le métèque, le sanskrit वेश्, veś, « s'asseoir, s'installer, entrer dans... », et même le baloutchi gis, « maison, maisonnée ».
L'auriez-vous imaginé ?
Oui, c'est ça aussi, la linguistique comparée et historique, qui nous permet de remonter le temps et de réunir tous ces mots, de toutes ces langues, qui, de prime abord, n'ont strictement rien à voir les uns avec les autres.
Et puis, et puis
- ce sera le bouquet final,
mon cadeau à vous tous,
OUIIIII !!
C'est de vík que dérive le vieux norois vīkingr, pour « qui fréquente les criques, les bras de rivières ».
En français, évidemment, viking.
Difficile de ne pas envahir, pour un Viking. |
- vous abonner par mail, en cliquant ici, en tapant votre adresse email et en cliquant sur “souscrire”. ET EN CONFIRMANT le lien qui vous arrivera par email dans les 5 secs, et vraisemblablement parmi vos SPAMS (“indésirables”), ou bien…
- liker la page Facebook du dimanche indo-européen : https://www.facebook.com/indoeuropeen/
******************************************
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire