- Paraît chaque dimanche à 8 heures tapantes, méridien de Paris -

dimanche 9 février 2014

le ministre, diminué, prit du minestrone au menu


article précédent: A la bonne heure!



papaoutai?
papaoutai?
papaoutai?
papaoutai?
papaoutai?
papaoutai?
papaoutai?

Stromae


Bonjour à toutes et tous!


Reprenons sans plus tarder notre thème sur le temps là où nous l'avions laissé ...


minute!

La racine proto-indo-européenne à l'origine de minute, c'est...

*mei-2
.

Qui n'évoquait certainement pas la notion de division du temps, mais bien de petitesse.

C'est sur une forme suffixée au degré zéro de *mei-2: *mi-nu- que s’est construit le latin minuo / minuere: réduire, casser, écraser …

Verbe latin sur lequel est basé notre français minute.




Pour être plus précis, minute descend du participe passé adjectivé de minuo: minutus, que l’on peut comprendre comme la “partie menue” résultant de la division de l’heure (ou du degré)…


Et puis, soyons clair, même si le mot descend du latin,
"minute", dans le sens de soixantième partie d'une heure, ne date que du Moyen Âge,
les Romains n'ayant vraiment que faire d'une division si ridiculement précise de l'heure...


papaoutai?


Tiens, pour ce qui est du français “minutes”: la retranscription d’une réunion, j'ai trouvé deux façons de le comprendre:

Il s'agit ...
  • soit,  du “condensé”, de la “réduction” de ce qui s’est dit en réunion, 
  • soit, tout simplement, de la retranscription de ce qui s’est dit durant les minutes qu’a pris la réunion!
A vous de choisir!

papaoutai?


Bon, *mei-2 nous a donné pas mal de descendance, vous devez vous en douter…

Comme par exemple menu, menuet, mineur, diminuer, minimum, moins, miniature, mini- … … …


Minijupes

armoire miniature
Oui, c'est ma compagne Evelyne qui fait tout ça!
(et ça, c'est l'adresse de son blog:
http://lescarnetsdelatelierblondie.blogspot.be/)

Menuet?
Oui, car le menuet est à l'origine une danse se ... euh... dansant à petits pas, à pas menus...

Le gentil, le charmant, l'élégant menuet de
Boccherini, en fait extrait de son Quintette opus 11
no 5 en mi majeur (G 275)

Cas intéressant:
Chez moi,  une écoute en boucle du menuet de
Boccherini aurait plutôt tendance à me rendre agressif,
ou du moins à me donner envie de posséder un
lance-flammes.
Allez savoir pourquoi!?


PS: le G de G 275 est pour Yves Gérard, qui catalogua les oeuvres de Boccherini en 1969.

Yves Gérard est donc à Boccherini ce que Köchel est à Mozart...


Ludwig Ritter von Köchel


- Et BWV à Bach!
- C'est celaaaa, oui.

(BWV n'est pas l'acronyme de Justin Bieber-Werke-Verzeichnis, mais curieusement, celui de Bach-Werke-Verzeichnis: littéralement catalogue des oeuvres de Bach)

Associer dans une même phrase Justin Bieber et Bach: check! Toujours à faire: associer Stromae à Brel. Ce sera ENCORE plus dur.


Menuet

papaoutai?


- Tiens, et “menu”, mais comme substantif: le menu d’un restaurant?
- Excellente question! Même origine!

Le latin minutus désignait ce qui était petit, donc aussi, par assimilation, ce qui était détaillé, les détails étant par définition petits…
Et un menu de restaurant, c’est bien une liste détaillée de mets…

Nous pouvons d'ailleurs rapprocher cette définition de l'expression "par le menu", qui signifie bien en détail, du début à la fin, avec précision...




papaoutai?


Mais peut-être serez-vous surpris d’apprendre que de *mei-2 descend également ...

ministre!

Ben oui, le minister latin, c’était celui qui était “plus petit que vous”, inférieur, car à votre service: il s'agissait de votre domestique, de votre serviteur.

Nous parlons d'ailleurs toujours de ministre du culte pour un prêtre, celui qui sert le culte...

(La construction du latin minister, dérivé de minus, « inférieur », était calquée sur magister, « maître »).


Un Ministre est toujours, étymologiquement parlant, celui qui, humblement, se met à votre service.
Sans carriérisme, sans esprit de parti, sans démagogie, sans vaine gloriole, sans recherche d'un quelconque intérêt personnel.

Tout comme d'ailleurs l'administration n'a de but que de vous servir le efficacement possible.




Monty Python's Ministry of Silly Walks

papaoutai?


Le latin ministrare, c’était donc servir.
Dérivé de ministrare, l’italien minestra, dont l’augmentatif est...

minestrone!

Le minestrone, c’est donc, étymologiquement, un plat servi à table, mais, considérant l'augmentatif, bien conséquent, bien consistant…!

Un VRAI plat, quoi!


ah oui, consistant le minestrone...


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Nous devons ici interrompre le blog pour une annonce personnelle:

Son papa signale à Stromae qu'il est aux toilettes et aimerait terminer en paix.

Merci de votre compréhension.
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Vous savez certainement que le bolchevisme (ou bolchévisme) désigne ce courant politique révolutionnaire marxiste né en Russie à l’aube du XXème siècle, et dont Lénine (1870-1924) fut l’un des principaux artisans.

Les bolcheviks (большевик), c’était les majoritaires ; littéralement ceux qui avaient la majorité au congrès: le russe большевик (“boljchiévik”) provient de большинство (“boljchinstva”): « majorité ».

S’il y avait des majoritaires, il y avait forcément aussi les autres, les minoritaires: les mencheviks!
Menchevik (en russe меньшевик) vient de меньшинство (“minchinstva”: « minorité »).

Vous l’aurez compris: меньшинство provient bien de notre racine *mei-2, passée du proto-indo-européen au russe par, par???

Mais oui, par le vieux slavon d’église! (encore appelé vieux-slave liturgique) мьнии (“mĭniji”): “plus petit”.

Vieux slaves liturgiques


Lénine lors du 2ème anniversaire de la Révolution d'Octobre.
A leur air enjoué, on dirait qu'ils avaient déjà tout compris...
Eh oui: les révolutions, c'est comme la vodka, c'est chouette
sur le moment, mais très très dur quand on dégrise...


Enfin, terminons ce chapitre avec …

seconde!

Qui nous arrive tout droit (ou presque) d’une racine proto-indo-européenne qui pourrait se traduire par “suivre”…

Et qui est franchement intéressante…

Ah, si vous saviez les mots usuels qu’elle nous a donnés, que JAMAIS nous ne soupçonnerions d’être cousins…!!

Mais patience! Nous la découvrirons ensemble dimanche prochain!




D’ici là, TRES bon dimanche, bonne semaine à toutes et tous, et...

A dimanche prochain!






dimanche 2 février 2014

A la bonne heure!




"À la bonne heure ! s’écria Coconnas, et voilà qui est parler ;
vous avez raison, Monsieur, la parole d’un gentilhomme vaut de l’or, […]."

Alexandre Dumas, La Reine Margot


Bonjour à toutes et tous!


On continue!

Dimanche dernier, c’était année, saison…


En ce dimanche on parlera - notamment - du mot heure!



Les Très Riches Heures du Duc de Berry:
Le Calendrier. Le Mois d'Août.


... derrière lequel se cache la racine proto-indo-européenne…


*yēr-

Je vous en avais déjà touché un mot: le mot heure a, via le proto-indo-européen, quelques cousins intéressants…

*yēr- c'était non pas l'heure, mais l'année, ou la saison.

Racine dérivée elle-même d'une racine *yeh1-, qui ne signifiait rien d'autre que "faire".

- Faire?? Mais enfin, mais quel est le rap...?
- [soupir] Oui oui, j'y arrive!

Puisqu'elle était basée sur *yeh1-, on suppose que le sens original de *yēr- devait être "ce qui fait".

"Ce qui fait QUOI?" me direz-vous!
Eh bien: un tour complet, un cycle.
C'est du moins ce qu'on pourrait déduire, en toute logique:
Supposons une racine *yēr qui véhicule l'idée d'"année",
et basée sur une racine qui veut dire "
faire".
Sachant que *yēr devait ainsi vouloir dire, à l'origine, "
ce qui fait",
de quelle action pourrait-il s'agir? ("
qu'est-ce qui pourrait être fait?")
Cette racine aurait donc évoqué "ce qui fait un tour complet" ... du cycle des saisons...
Mais bon, si quelqu'un a une meilleure proposition?!

Une forme suffixée en *o- de *yēr-: *yēr-o-, a donné *jēram en proto-germanique, qui désignait l'année.

En vieil anglais, *jēram est devenu ... gēar, pour naturellement devenir l'anglais... year!
L'année.




- Et donc notre français heure est un cognat de l'anglais year! Mais c'est diiiingue!
- Calmez-vous, Marie-Sophie.
Vous comprenez à présent pourquoi je n'avais point parlé de l'anglais year au moment où je vous contais l'étymologie de année ; il valait nettement mieux attendre que nous passions à celle du mot heure...
Eh oui, heure et year sont très étroitement apparentés...

Mais poursuivons sur heure...

Alors que *yēr-o- allait donner year, une autre forme suffixée, mais cette fois sur la racine au degré o (où donc le e original se transforme en o): *yōr-ā-, se dériverait dans le grec ancien ὥρα, hôra: « division du temps », qui correspondrait, pour faire simple, à notre français saison.

Ouaip...
Les Heures (en grec ancien Ὧραι, Hōrai) - et notez la majuscule initiale - ne désignaient pas, à l'origine, les divisions du jour, les heures comme nous l'entendons, mais bien celles de l'année: les saisons!

Dans la mythologie, les Heures étaient (quelques-unes) des (très nombreuses) filles de Zeus, qu'il avait eues de Thémis.

Thémis? Mais oui, vous la connaissez, Déesse de la Justice, de la Loi divine, c'est elle que l'on représente toujours comme "La Justice".

Thémis

Mais revenons à nos Heures:
Au début, il n'y en avait que trois! Car il n'y avait que trois saisons: le Printemps, l’Été et l'Hiver.


Les Heures


- Ah bon? Et alors, les feuilles, elles tombaient quand???
- [re soupir, long soupir]

Ce n'est que par la suite que l'Automne s'est individualisé dans le calendrier grec, et est devenu une saison à part entière!
Et hop, une quatrième Heure est apparue...

Et puis, les Heures, quand les Grecs finirent par découper le jour en douze parties égales, en vinrent à présider à ces nouvelles divisions de la journée...
Leur nombre passa donc, à cet effet, de quatre à douze...

C'est ainsi, Petit Scarabée, que les Heures se sont transmises à nous, par l'intermédiaire du latin, pour devenir les heures, avec un h minuscule...

Sur le grec hôra nous avons créé, outre "heure", horaire, horloge, certes.

Mais aussi... horoscope.

Horoscope, du latin horoscopus, emprunté au grec ancien ὡροσκόπος, hōroskopos, composé de ὥρα, hōra et de σκοπός, skopos (« observateur, spectateur »).

Ce qui correspond bien au rôle des astrologues de l'époque, qui observaient la position des astres au moment de la naissance d'un enfant, sur laquelle ils se basaient pour prédire de quoi la vie du nouveau-né serait faite.

Oh, moi, vous savez, comme tous les capricornes, je ne crois pas à l'astrologie...

C'est tout moi, ça!


De la même racine *yēr- provient l'allemand Jahr (« an »), mais aussi - spécialement pour quelqu'un qui se reconnaîtra, et à qui je souhaite de brillantes notes à ses examens de tchèque - le tchèque jaro qui désigne toujours une saison, mais cette fois pas n'importe laquelle: le printemps!

(il y a aussi le tchèque guevara, qui s’inscrit plus dans l’idée de “révolution” que celle de “cycle”.)


Allez, on continue!
Vous l'aurez compris, en ce blog on est passé de l’étymologie de année à celle de saison,
puis de la saison au mois,
du mois à la journée...

Cette fois, passons donc, après, les heures, en toute logique, aux minutes!

- Eh ho! Et semaine??
- Mmmmh?
- Ben ouais quoi! T’as parlé de mois, de jour, mais pas de semaine!!!
- Et CA (voir Une semaine en septembre...), c’est pour les Gagaouzes, peut-être?

D’autres questions?


Gagaouzes


Or donc: minute!

La racine proto-indo-européenne sur laquelle s'est créé le mot, c'est...

Oh, on va la garder pour dimanche prochain, non?

Ah ben oui...




Je vous souhaite, à toutes et tous, un excellent dimanche, une très bonne semaine, et vous propose donc de nous retrouver...

... dimanche prochain!



Frédéric


dimanche 26 janvier 2014

au séminaire, du colza on n'en mange qu'une fois par an




Bonjour à toutes et tous!

Nous venons de consacrer deux dimanches à la notion de temps vue par le prisme du proto-indo-européen, avec le mot français temps, et le mot anglais time:
Avez-vous le tempérament pour jouer du Bach? et le démagogue est en quelque sorte le démon de la démocratie.


Pour rappel, nous avions également passé un peu de temps sur l’idée du temps comme cycle dans du passage des ans, où nous avions découvert les racines se cachant derrière (notamment) janvier et solstice…

Eh oui, le temps passe, c’était déjà en décembre 2011!

Mais arrêtons-là toute tentative de nostalgie mal à propos.


En CE dimanche, ici et maintenant, je vous propose de continuer sur notre lancée, et de nous pencher sur quelques mots qui nous permettent toujours d’exprimer le passage du temps, et donc la division du cycle, le cycle étant probablement ce qui correspondait le mieux à la notion de temps chez nos lointains, lointains ancêtres…


Chronos et Gaia, tout est là!


Commençons par le mot an (ou année):

Comme vous le savez, année, ou an, nous viennent du latin annus (avec deux n): an.
Et notre annus, ‘i’ vient d’où?

Ben oui!

D’une racine proto-indo-européenne; j’ai nommé:

*at-


Qui n’avait en fait, je dois bien vous l’avouer, rien à voir avec “an”.

Elle véhiculait plutôt la notion d’”aller”.

Ce sont essentiellement par le proto-germanique et le latin qu’elle a essaimé, et précisément via une forme suffixée *at-no-.
C’est sur elle, donc, que s’est construit le latin annus.


Chouette photo de Lino Ventura et Françoise Fabian
dans La Bonne Année, Claude Lelouch, 1973


Alors, quel est le lien entre “aller” et “an”?

Nos lointains ancêtres, qui étaient loin d’être les sombres crétins préhistoriques que certains dépeignent encore, savaient ce que c’était qu’une révolution, un cycle.

Ils avaient en tout cas clairement capté que l’année, c’était un laps de temps qui s’écoulait et recommençait.
C’est donc cette idée de mouvement perpétuel, cyclique qui transparait derrière cette racine verbale *at-, aller.

D’ailleurs, c’est pas difficile, le latin annus, outre année, nous a aussi donné… anneau!
Anneau, du latin annellus (« chainon », « bague ») ou annulus (« bague »), mais dans tous les cas, diminutifs de annus.

Plus de pleurs, plus de heurts:
voici le Remember Ring, l'anneau qui vous rappelle le
jour de votre anniversaire de mariage!


Car oui, annus, c’était l’année, mais aussi le cercle!
Et soit dit en passant, le mot pouvait également être employé pour désigner une longue période de temps; nous parlerions d’une ère…

Bon, sur annus nous avons créé plein de mots, que vous connaissez évidemment: annuel, annuité (somme d'argent versée annuellement par un emprunteur pour rembourser une dette), anniversaire, biennale, millénaire, quinquennal, etc.

Mais sachez aussi que sur annulus, et plus précisément sa forme suffixée annularius, nous avons créé annulaire, le doigt, littéralement, aux anneaux. Le doigt qui les porte.

Ouais, ça vous saviez!
Mais … pourquoi mettre les anneaux (de fiançailles, de mariage) précisément à CE doigt??

Ah!

Tout simplement parce que les médecins antiques pensaient qu’une veine, la vena amoris, reliait directement ce doigt au coeur…

Oh c’est tout mimi, la veine de l’amour!


Allez, - soyons fou - un autre mot: saison!

Saison nous vient de la racine proto-indo-européenne...

*sē-1

Signification? Il s’agissait d’une racine verbale, à traduire littéralement par … semer!

C’est une forme de *sē-1 au degré zéro et dupliquée: *si-s(ə)- qui a … ensemencé le latin serere: semer.


Quant à notre français saison - je cite ici le wiktionary -  il nous arrive du latin satiōnem, accusatif de satiō « action de semer, de planter, semailles », formé sur le supin satum de … … serere, évidemment (« semer », ‘faut suivre, hein?).


Le semeur, James Tissot


Alors, oui, je sais: “mais comment est-on passé de 'semer' à 'saison'?”

Par extrapolation.

Le latin classique satiōnem a fini par désigner, non plus les semailles en tant que telles, mais, par la force des choses “le moment de l’année propice aux semailles”.

Et de là, le mot en est venu à désigner tout moment, toute saison favorable à faire quelque chose, d’une façon générale, sans plus de relation avec les semailles ; chaque période de l’année étant propice à des activités particulières…
A toute chose sa saison, et à toute affaire sous les cieux, son temps…

Sur le latin serere et ses dérivés se sont souchés des mots comme semer, évidemment, ou semence, disséminer, inséminer, les anglais seed (semence) ou season (saison) mais aussi…

Séminaire!
Du latin seminarium (« pépinière »), de semen (« graine »).

Le séminaire: une pépinière de jeunes talents!

Et donc, NON, ne succombez pas à cette légende urbaine selon laquelle séminaire viendrait de l’anglais semen (« sperme »), même si les récents (?) scandales ayant éclaboussé l’Eglise Catholique pourraient sembler attester (je suis prudent) que les anciens du Séminaire savent manier autre chose qu’un goupillon, et pas toujours le leur.

Notez, je dois vous l'avouer, j'avais pensé à "se faire assaisonner l'anneau par un séminariste" comme titre à ce billet, mais bon, comme vous l'aurez déjà lu, j'ai fait preuve de grande lâcheté avec ce gentillet "au séminaire, du colza on n'en mange qu'une fois par an"...


Professeurs du Petit Séminaire de Chavagnes, 1954



Colza!
Colza nous arrive du moyen français colzat, lui-même issu du néerlandais koolzaad (« semence - ou graine - de chou »).
Cette plante annuelle à fleurs jaunes appartient d’ailleurs à la famille des Brassicacées, au même titre que les choux, navet, moutarde, raifort ou cresson…


Colza (vous vous attendiez à un champ de lavande?)


Et aussi…
assaisonner!

Et oui, bien sûr, ça parait aller de soi: assaisonner vient de saison!
Mais encore une fois, quel est le rapport???


Nigella Lawson rectifiant un assaisonnement.
Parfois, il y a des avantages à être un légume

Vous devez savoir que (merci le Wiktionary) le sens premier d’assaisonner, c’était « disposer, régler selon la saison ».
Le verbe s’appliquait en particulier à la conduite des cultures.
Il pouvait également signifier « cultiver en saison propre, mûrir à temps ».

C’est ainsi que dans un texte du XIIIème siècle, on trouve la mention de “viande assaisonnée” mais dans le sens d’aliment cuit à point: “à temps, juste comme il faut”, sorti du four au bon moment…

Quand, plus tard, ce verbe entrera dans le domaine culinaire, il signifiera « mettre à point pour le goût à l’aide de certains ingrédients », et ça, c’est Littré qui nous le raconte…

Et notez que l’anglais season, basé comme tellement de mots anglais, sur le français, désigne tant le substantif saison que le verbe assaisonner…


- Bon, et mois?
- Mois?? Mais enfin, nous en avons déjà parlé?!

Dans lune, lumière et mesure!


- Jour, alors??
- Jour, mmmh?

Ben tu cliques ici mon coco, et tu lis: By Jove, Olrik.

Je ne vais quand même pas faire une version spéciale Mal comprenants du dimanche indo-européen rien que pour toi, quand même?

Et pour ce qui est de jour en anglais: day, c'est ici que ça se passe: Daisy au Bundestag


- Euh ... OK, alors... Heure?
- Eh bien, OUI, il y a des choses à en dire, le mot français étant apparenté, par sa racine proto-indo-européenne, à quelques autres mots dans d’autres langues, qui n’évoquent pas nécessairement la notion d’”heure”….

Pom pom pom…

Je n’en dirai pas plus, du moins aujourd’hui!

Tout ça - et la suite, car on n’en a pas encore fini avec le temps - ce sera pour dimanche prochain!




Je vous souhaite à toutes et tous un excellent dimanche,
Je souhaite en particulier à certain(e)s - qui se reconnaîtront - un agréable lendemain de Burns Night.

Chez nous, nous fêterons Rabbie Burns samedi prochain!
Whisky, Haggis, Pipes & Kilt...



Passez une bonne semaine, et… à dimanche prochain!


Frédéric


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