dimanche 21 juillet 2019

On ne prend pas les mouches avec du vinaigre


article précédent: du vin au vinaigre...




On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre. Par contre, on peut attraper des aigreurs d’estomac.”

Philippe Geluck / Le chat

(source)




















Bonjour à toutes et tous !



Dimanche dernier
(relisez donc du vin au vinaigre...),
nous avions découvert que le français vinaigre était
en quelque sorte,
par l'ascendance respective des deux mots dont il est constitué,
un assemblage de deux lointaines, lointaines, lointaines, racines indo-européennes,


*ueh1-i-, “tisser, tresser...” et *heḱ-“piquant, acéré”.


Oui, non ?

Mais si, oooh !





ancien français vin + ancien français aigre ⇒ univerbation  vinaigre



*ueh1-i-, “tisser, tresser...”

forme *ueih1-(ō)n- ou *uih1-e/on-m- ou *uih1-n-“vin, vigne

proto-italique *wīno-

latin vīnum
ancien français et moyen français vin

français vin




*heḱ-“piquant, acéré”

forme *heḱ-ro-“acéré”

proto-italique *akri-

latin ācer, ācris, “aigu, pointu...”

changement de classe
latin vulgaire *acrus
ancien français aigre / egre
moyen français et français aigre




Nous savons également que ce vinaigre a supplanté une ancienne forme, aisil.

Avant de poursuivre, restons encore quelques instants sur ce pauvre aisil, désormais disparu...

Je vous l'avais dit, il provenait du latin acētum, pour vinaigre.
Pour être un peu plus précis, acētum était le participe passé substantivé de aceō, acēre, “être acide...”, sur lequel se construirait le latin classique ācer, ācris.

Si l'ancien français l'a misérablement rejeté, oublié, banni...
Eh bien, d'autres, peut-être moins difficiles, l'ont recueilli.

Et c'est tant mieux.

Alors, NON, aisil n'est pas passé, par l'anglo-normand, à l'anglais.

Mais
- et ce sont Messieurs Koenen et Endepols qui nous l'apprennent, dans leur Verklarend Handwoordenboek der Nederlandse Taal -
il a été emprunté
(oui, car l'acheter aurait coûté trop cher à ses locuteurs, peut-être ?)
en moyen néerlandais, sous les formes aisine, aysijn, aysine.

Il évoluera alors pour devenir le néerlandais... azijn“vinaigre”.

Repris dans le vocabulaire courant néerlandais, il y continuera même sa petite vie bien tranquille, preuve étant les dérivés qu'il a lui-même engendrés par la suite, comme ...

  • azijnaal et son diminutif tout mimi azijnaaltje, désignant l'anguille au vinaigre





- non non, vous ne m'aurez pas à ce petit jeu. J'ai déjà lamentablement débordé en ironisant sur la prétendue avarice, supposée pingrerie, de nos amis Néerlandais ; je ne vais pas cette fois m'étendre sur l'absence totale de gastronomie dans leur très beau pays, même si - vraiment - plat. En plus, j'ai déjà remarquablement bien mangé à Amsterdam. Bon, une seule fois, et alors ? -,
  •  azijnpisser, superbe calque du français pisse-vinaigre, passé par le flamand,

le personnage de Scrooge, de Dickens: un vrai pisse-vinaigre

ou encore
- et quelle belle revanche sur le méchant vinaigre -
  • wijnazijn“vinaigre de vin”.


Je réponds ici à une excellente question posée par un lecteur, en commentaire sur l'article de dimanche dernier: 
quid de l'espagnol aceituna ?

    Vraiment, c'est une bonne question, car on pourrait croire, de prime abord, que ce mot, comme l'italien aceto, le français acétique, ou évidemment l'ancien français aisil, est issu du latin acētum“vinaigre”.

    Eh bien, il n'en est RIEN !

    En effet, selon deux de mes sources que je considère au-dessus de tout soupçon, 

    • le Diccionario de la lengua española (le dictionnaire de La Real Academia Española, on fait déjà moins le fier)

    et

    • A Comprehensive Etymological Dictionary of the Spanish Language with Families of Words based on Indo-European Roots, de Edward A. Roberts, ...


    ... l'espagnol aceituna est un emprunt à l'arabe andalou (dit aussi arabe hispanique, que l'on date du XIIIème au XVIIème) اَلزَّيْتُونَة‎, az-zaytūna,
    lui-même dérivé de l'arabe classique zaytūnah, 
    zaytūnah, repris de ... l'araméen zaytūnā, diminutif de zaytā.
    Mais que veulent bien dire zaytā, puis zaytūnah, puis az-zaytūna, et enfin aceituna ?

    Olive.

    Oui, l'espagnol aceituna désigne l'olive.




    Quant à l'espagnol aceite, il désigne ce liquide gras que l'on tire de l'olive, l'huile ! 
    Aceite, emprunté à l'arabe أَلْزيت, āz-zeit (oui, “huile).





    De son cadre restreint d'huile d'olive, le mot s'emploie à présent pour désigner toutes les huiles, de quelque origine qu'elles soient.



    Sachez enfin que la commune espagnole Aceituna, dans la province de Cáceres (communauté autonome d'Estrémadure),


    Cáceres


    tire bien son nom de l'arabe الزيتونة, az-Zaītūna, Aceituna, olive, en tant que toponyme, désignant simplement un lieu où il y a des ... olives, entendez planté d'oliviers, une oliveraie, quoi...



    oliveraie en Estrémadure
    (source)


    Vino, amigo y aceite, cuanto más antiguo, más ferviente
    (proverbe espagnol)



    Bon, c'est pas tout ça, revenons à notre aigre.

    Je vous en rappelle l'étymologie, peut-être ?



















    *heḱ-“piquant, acéré”
    forme *heḱ-ro-“acéré”
    proto-italique *akri-

    latin ācer, ācris, “aigu, pointu...”
    changement de classe

    latin vulgaire *acrus

    ancien français aigre / egre

    moyen français et français aigre



    Avant de remonter à sa racine indo-européenne, et, à notre accoutumée, écumer les différents groupes linguistiques indo-européens pour y retrouver des cognats de notre charmant aigre,

    j'aimerais clore ce dimanche par un mot anglais qui n'est qu'un emprunt à notre brave aigre
    (emprunt, et donc pas un de ses cognats issus d'un étymon originel)...

    Une idée de ce que peut être ce mot, mmmh ?

    Allez, pour vous aider, je peux vous dire qu'il ressemble par la forme à notre aigre, mais que sa sémantique est totalement différente...

    Ce mot se traduirait par “empressé”. 
    Ou ardent, passionné, enthousiaste, impatient, avide de....

    Oui ?

    Eager !

    L'anglais eager,
    issu du moyen anglais egre, eger,
    emprunté à l'ancien français egre, aigre.

    - Mais ? Et comment pourrait s'expliquer ces sens si surprenants?
    - Tout simplement parce que l'ancien français egre possédait ces sens à l'origine, voilà tout.

    Il pouvait parfaitement signifier avide, ou féroce, ou passionné, ardent...
    Si cela vous semble curieux, prenez la peine d'associer à aigre la notion de “mordant”: vous allez voir, tout se tient...

    Ce n'est qu'après que aigre, au sens littéral, du moins, ne désignera plus que ce ...
    qui est d'une acidité désagréable (ou anormale) au goût ou à l'odorat
    Ô merci merci ©Le Grand Robert de la langue française







    Chères lectrices, chers lecteurs, 

    Merci de me lire, merci de votre fidélité, merci de vos commentaires.

    Je vous souhaite un EXCELLENT dimanche, et une très heureuse semaine !




    À ... dimanche prochain ?







    Frédéric

    Et en ce dimanche 21 juillet 2019,
    Vive la Belgique !
























    ******************************************
    Attention,
    ne vous laissez pas abuser par son nom:
    on peut lire le dimanche indo-européen
    CHAQUE JOUR de la semaine.
    (Mais de toute façon,
    avec le dimanche indo-européen,
    c’est TOUS LES JOURS dimanche…)
    ******************************************

    Et pour nous quitter,


    un peu de Bach...

    Les prélude et fugue en fa mineur, BWV 857,
    interprétés par Pieter Dirksen

    (Netherlands Bach Society)




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    Vous voulez être sûrs (sûrs, mais vraiment sûrs) de lire chaque article du dimanche indo-européen dès sa parution ? Hein, Hein ? Vous pouvez par exemple...
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    dimanche 14 juillet 2019

    du vin au vinaigre...





    Mieux vaut deux verres de vinaigre et un verre de vin qu'un verre d'eau

    Gustave Flaubert,
    dans sa correspondance avec Alfred Le Poitte...vin,
    16 septembre 1845 .

    Sacré Gustave.


    Bonjour à toutes et tous !



    Dimanche dernier, avec
    les vents d’anges ne sont pas qu’affaires de culs bénis,
    nous nous étions permis un petit vagabondage du côté de la racine indo-européenne *h1em-e/o-, “prendre”. 

    Car nous pourrions, en un raccourci
    - certes brutal, je vous le concède, mais vous êtes grands, maintenant -,
    émettre qu'en quelque sorte, ...

    *ueh1-i-, “tisser, tresser...” + *h1em-e/o-, “prendre”  vendange / vintage



    Cet article absolument passionnant
    - enfin, moi j'trouve -
    nous permettait de poursuivre notre inlassable quête des dérivés de la jolie *ueh1-i-, “tisser, tresser...”

    quête commencée en sanskrit, avestique, perse, hittite et autre arménien,
    “La saison venue, la chenille tisse un cocon autour d’elle-même et elle devient cacahuète.” - Cavanna,

    puis poursuivie par le latin vieō, “courber, tresser, lier, attacher...”,
    Partir en vrille au-dessus du Viminalis ? Le fait d'un pilote linguiste,

    et par cet autre latin plus qu'intéressant, vitta,
    fi, ce ne sont là que broutilles, bagatelles, de simples détails !.

    Enfin, juste avant notre escapade de la semaine dernière, notre quête nous avait menés jusqu'à l'un des plus beaux dérivés de *ueh1-i-, “tisser, tresser...”, le latin vīnum.
    Aujourd'hui, donc, et toujours à la poursuite des dérivés de *ueh1-i-, “tisser, tresser...”, je vous propose une nouvelle fois d'emprunter un petit chemin de traverse...


    (source)



    Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi, en français, nous parlons de “vinaigre(idem en espagnol: “vinagre”) alors que dans d'autres langues romanes, comme en italien, par exemple, il est plutôt question de “aceto” ?


    Mmmh ?





    Penchons-nous tout d'abord sur notre français vinaigre et son origine.
    M'est avis que ça nous prendra bien un dimanche...


    Vinaigre ?
    Liquide provenant du vin ou d'une solution alcoolisée modifiés par fermentation acétique, utilisé comme assaisonnement, comme condiment.
    Ô toi, ©Le Grand Robert de la langue française


    somptueux vinaigre balsamique...


    Alain Rey nous explique que ce mot, attesté en 1200, est un stupide composé de vin et de ... aigre

    (Bon, d'accord, le stupide, c'est de moi)

    Vin, je ne vous dirai pas d'où il vient.



    Quant à aigre, sachez que l'ancien français aigre / egre est très classiquement issu du latin classique ācer, ācris“aigu, pointu...”, mais nettement moins classiquement via le latin vulgaire, où l'adjectif a quand même changé de classe
    - ce qui ne se fait pas tous les jours, convenons-en.




    C'est en effet à partir d'une forme *acrus (ou *acrum, oh ne chicanez pas), propre à la 1ère classe
    - et non ācer, typique de la 2ème classe d'adjectifs -


    que l'on peut concevoir une évolution du mot vers notre aigre français.


    - Aigu, pointu ? C'est ça que veut dire le latin ācer, ācris ?? Mais quel est le rapport...


    - Excellente remarque, Monsieur Ucon (je peux vous appeler Fernand ?) !



    Le sens du mot s'est étendu, tout simplement.


    Mais oui ! Déjà chez Pline, au figuré, ācer prendra le sens de “piquant... au goût”.


    Encore plus fort, le verbe aceō, acēre, sur lequel est construit notre latin classique ācer, ācris,
    signifiait plutôt “être acide, aigre, acerbe...”



    Simple: c'est sur aceō que se créera l'adjectif acidus“acide”, que nous emprunterons bien plus tard, au milieu du XVIème, pour construire notre français ... acide, évidemment. 




    Alors, la question que vous vous posez tous:

    Et d'où qu'i' vient, le latin aceō, acēre, mmmh ?
    Eh ben, d'un étymon proto-italique, *akēje/o-

    D'autres questions ?


    Rassurez-vous, cette forme italique (reconstruite) vient bien de quelque part...


    D'une ... racine indo-européenne...

    Mais oui !!! (Je sais, c'est difficile à croire)

    En l'occurrence, de *heḱ-“piquant, acéré”.

    Et pour être tout à fait précis, de sa forme *heḱ-eh1-“être acéré”.
    Oui, oh, comm' d'hab, pour ce qui est des étymologies latines, je me fie à Michiel de Vaan. 



    Dans le même ordre d'idées, la forme suffixée indo-européenne adjectivale que continuerait le latin ācer, ācris, ce serait *heḱ-ro-“acéré”, et ce via l'italique *akri-.


    De même, nous pouvons encore isoler un radical latin sur lequel pas mal de dérivés de notre belle *heḱ- seront créés: 
    acu-, “acéré”

    Ce radical acu-, lui, proviendrait de *heḱ-u-“pointu”, par l'italique *aku-.
    Retenez donc, pour faire simple, que derrière tous ces mots latins se cache la même racine indo-européenne, la seule et unique *heḱ-“piquant, acéré”.

    Mine de rien, on lui connaît quelques beaux dérivés latins, à notre *heḱ- ...

    Comme...
    • acerbus“amer, âcre, sévère, austère, âpre, acerbe (évidemment)...”,
    • acūtus, “aiguiséde ăcŭs, “aiguille”, dont dériveront notamment nos français aigu et aiguille, mais aussi l'anglais acute“aigu”. “Aigu”, mais aussi ... “grave”. Grave dans le sens de sérieux, problématique...,
    • acrimonia, “âcreté, acrimonie”...
    Et puis, il y a encore le latin... acetum, “vinaigre”.

    - Vinaigre ? Mais ...
    - Eh oui, il y avait bien un mot latin désignant précisément le vinaigre.


    Cet acetum latin
    - qui donnera notre acétique -
    est pourtant passé en ancien français, au début du XIIème, sous la forme aisil, qui désignait le ... vinaigre.

    - Maisje ?

    - Oui. 




    Nous avions donc bien
    - vous avez bien lu -
    un mot désignant très précisément le vinaigre, issu du latin acetum




    Ce brave mot - qui ne demandait vraiment rien à personne - ne servait qu'à ça, et remplissait parfaitement son office.

    Mais voilà, vinaigre est apparu, et a éhontément évincé ce bon aisil

    Pourquoi ? 
    Allez savoir... 

    L'attrait de la nouveauté ?
    Le fait que l'on ne faisait plus machinalement le lien entre aisil et acide
    Alors que ce nouveau vinaigre, univerbation de vin et aigre, était tellement explicite...
    univerbation ? 
    En linguistique, contraction d'une expression en un (seul) mot.

    Plus explicite, plus simple à comprendre, tellement plus parlant...


    - Et l'espagnol vinagre, me direz-vous...

    Eh bien...

    Avant tout, dans les langues romanes, il n'y a pas qu'en français et en espagnol que l'on retrouve une forme de type vin-aigre...

    Que nenni !


    Voyez...
    • l'asturien vinagre,  
    • le catalan vinagre,
    • le galicien vinagre,
    et même ...
    • le portugais vinagre.

    Il semble que pour ces mots, le même phénomène d'univerbation ait fonctionné, mais ici à partir des mots latins vīnum et ācrem.
    Il semble: je suis prudent, car mes sources habituelles et chéries ne m'éclairent pas sur la question... 




    Ouf !

    Un peu ardu, cet article, non ?

    Allez, on en restera là. 

    La semaine prochaine, on reprendra d'ici, avec d'autres dérivés indo-européens de la délicieuse *heḱ-“piquant, acéré”.

    Entendez “dans d'autres groupes linguistiques”...

    Patience...



    Allez, récap':


    *ueh1-i-, “tisser, tresser...”

    forme *ueih1-(ō)n- ou *uih1-e/on-m- ou *uih1-n-“vin, vigne

    proto-italique *wīno-

    latin vīnum
    ancien français et moyen français vin

    français vin




    *heḱ-“piquant, acéré”
    forme *heḱ-ro-“acéré”
    proto-italique *akri-
    latin ācer, ācris“, aigu, pointu...”

    changement de classe
    latin vulgaire *acrus
    ancien français aigre / egre
    moyen français et français aigre




    ancien français vin + ancien français aigre ⇒ univerbation  vinaigre






    Chères lectrices, chers lecteurs, 

    Merci de me lire, merci de votre fidélité, merci de vos commentaires.

    Je vous souhaite un EXCELLENT dimanche, et une très heureuse semaine !




    À ... dimanche prochain ?







    Frédéric




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    Attention,
    ne vous laissez pas abuser par son nom:
    on peut lire le dimanche indo-européen
    CHAQUE JOUR de la semaine.
    (Mais de toute façon,
    avec le dimanche indo-européen,
    c’est TOUS LES JOURS dimanche…)
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    Et pour nous quitter,


    rien d'acide, rien d'aigre, que du contraire...

    la divine violoniste écossaise
    Nicola Benedetti
    nous accueille chez elle,
    pour un petit concert privé...



    PS: à 5:14, il y a une certaine chaconne...

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