dimanche 11 août 2013

Une semaine en septembre...




Tiens-toi à sept pas de l'éléphant, à dix du buffle, à vingt d'une femme et à trente d'un homme ivre.
Proverbe indien


(et à deux cents d'un éléphant ivre)



Bonjour à toutes et tous!


Passons donc, sans autre forme de procès, au nombre suivant de notre étude sur les nombres proto-indo-européens:

Sept.





Le français sept nous arrive d'une racine proto-indo-européenne...

*septm̥-

Qui voulait dire: sept.


Alors, vous êtes parfaitement en droit de vous demander le sens de ce symbole sous le "m".

En phonétique, on explique que le m français est une consonne 1. occlusive 2. nasale 3. bilabiale 4. voisée.

Qu'en d'autres termes pour produire le son "m"…

  1. on obstrue l'air du canal vocal: on bloque complètement l'écoulement de l'air au niveau de la bouche, du pharynx ou de la glotte, et on relâche soudainement ce blocage.
  2. on laisse l'air s'échapper par le nez
  3. on l'articule avec les deux lèvres
  4. on l'articule avec les cordes vocales.


Eh bien, le signe diacritique sous le m, qui donne ce curieux signifie que le m dont on parle ici est une consonne occlusive nasale bilabiale, certes, mais NON voisée!

Autrement dit, sourde: le son produit ne provient pas de la vibration des cordes vocales.

Un petit exemple de "m" en mode non voisé?
Sa prononciation dans le mot "asthme".

Pour un son "n" cette fois, mais toujours non voisé, vous pourriez aussi penser à la prononciation du "n" final de Gordon par certains anglophones, où le "on" reste curieusement dans la gorge… ("Gordnnn")


Mais revenons donc à notre racine proto-indo-européenne *septm̥-!

*septm̥- est à la base du français sept, mais aussi de tous ces mots pour "7" dans pratiquement toutes les langues indo-européennes, comme par exemple, parmi tant d'autres...

  • l'anglais seven
  • l'irlandais seacht
  • le gallois seithfed
  • l'allemand sieben
  • l'islandais sjau
  • l'espagnol siete
  • le grec ancien ἑπτά, heptá
  • le russe семь ("siém")
  • l'avestique hapta
  • le tocharien A spät
  • le sanskrit सप्तन् - saptán
  • … 


Le français sept, lui, nous arrive du latin sĕptem "sept".

Tout comme septennat, désignant un mandat de sept ans...


Un autre dérivé français du latin sĕptem, c'est ... semaine!

Semaine est un mot de la fin du XIème siècle qui nous vient du latin ecclésiastique septimania (Code de Théodose), qui signifie "groupe de sept jours"; septimania étant le féminin substantivé de septimanus: relatif à sept. Ou plus précisément, septmatins, le mot étant construit sur sĕptem (ben, sept) et mane (matin).

Théodose II, 401-450,
empereur romain d'orient

Sur semaine, nous avons créé semainier, qui désigne un feuillet distribué chaque semaine dans les paroisses, ou encore, en ébénisterie, un chiffonnier à sept tiroirs, ou en bijouterie, un bracelet à sept anneaux.







Mais, curieusement, l'adjectif qui correspond à semaine ne nous vient pas de sĕptem!

Hebdomadaire - c'est bien de lui qu'il s'agit - nous vient lui du latin hebdomadarius, qui signifiait semainier, emprunté au grec ancien ἑβδομάς - hebdomas: sept.
Lui-même basé sur *septm̥-...

Utilisé comme nom, le terme désigne à présent une publication paraissant chaque semaine.


Mais bon, sĕptem nous a aussi apporté …

Septembre.

Du latin september, le septième mois.

- Euh, mais septembre, c'est le neuvième mois??
- Oui, assurément, si ce n'est qu'à l'origine, l'année commençait en mars, et que donc le septième mois, c'était septembre

C'est du moins comme cela que le premier calendrier romain que nous connaissons, celui de Romulus nous a été transmis.
Ce calendrier ne comportait que 10 mois, se basant ainsi plus que probablement sur le calendrier étrusque, et commençait donc en mars!

Comme les mois qui le composaient faisaient bien 30 ou 31 jours, il restait environ 61 jours pour terminer l'année, hors calendrier.

Ces jours ne comptaient pas, littéralement!
On s'arrêtait de compter les jours durant l'hiver, en attendant les jours plus heureux des calendes de mars, qui marquaient la première lune du printemps…




Et puis - spécialement pour Lescrat - sĕptem nous donné, outre ce repère temporel dans le cycle de l'année qu'est septembre, un autre repère, géographique, qui nous permet de nous guider en nous basant sur le nord, même s'il est à présent désuet dans le langage courant:

septentrion!

Du latin Septentrio, de sĕptem et triōnēs, pluriel de trio: bœuf de labour.

Oui, car la constellation de la Grande Ourse était aussi appelée la constellation des sept bœufs, les Romains y voyant sept bœufs tirant une charrue.





Et là-dessus, je vous souhaite, à toutes et tous, un très bon dimanche, et une très bonne semaine, c'est le moins que je puisse faire!





Frédéric

3 commentaires:

lescrat a dit…

Tout le monde ne peut pas s’offrir une année sabbatique (au départ, selon le Deutéronome, repos des terres d’un an tous les 7 ans) … Alors, pourquoi ne pas, en ce dimanche - 7ème jour de la semaine pour les uns et premier pour d’autres – faire comme Dieu (1) lui-même ? (C’est là qu’on se réjouit de dire qu’il existe) et se reposer. Par paresse, les "7" seront remplacés par un *, soyons...fou.
Abandonner les casse-têtes de la « Settimana Enigmistica », se laisser commettre un savoureux PECHE (en lettres…capitales), la gourmandise, par exemple, et tourner * fois sa langue dans sa bouche (2)
Chausser des bottes de * lieues, se rendre sur le port de Sète ou au Grand Restaurant, chez Monsieur *time …
Ou alors filer dans une bonne pâtisserie, y choisir un(e) des * merveille(ux)-s du monde, ou un …sacrément bon (les sacrements sont aussi au nombre de *) *imontain à la myrtille (possible seulement si vous êtes Haute-Savoie, Madame) . Et prier que dans la file il n’y ait devant vous ni mercenaires, ni ribambelle de joyeux nains.
Ou encore, rester chez soi et y confectionner des « settembrini » (gâteaux secs fourrés à la figue), à déguster avec un Rhum de * ans d’âge ou avec un « Settesoli ». (3)
Tiens, connaissez-vous Giacomina de Settesoli ? Cette chère Jacqueline de Septisoles (née en 1192 à Rhum heu pardon, Rome – et morte (ben oui quand même) en 1274 à Assise (ou à * ! Mais zut c'est pas de ma faute non plus (4), était "la veuve d'un certain Gratien Frangipani et qui confectionnait pour le futur Saint-François d’Assise dont elle était la disciple, une crème aux amandes » (wiki).

Rien ne vous empêche d’écouter « *er, *we-nt-o and *paewr- .» (5) et leur tube des années *-ante. (Pour nos amis français : les années entre les ’60 et les ’80). Ah! Mais je ris, un autre petit coup d’œil chez wiki et je découvre que « 70 est le plus petit nombre étrange, c’est-à-dire abondant mais pas semiparfait». Comme si « 60-10 » ne nous rendait pas suffisamment *-iques.

Allez, 7-A-C comme ça ! Juste une pensée bienveillante pour les étudiants qui telles les vendanges reviennent en septembre … Choobidoo … Remember how the stars stole the night away - Ba de ya - say do you remember Ba de ya - dancing in September ..


(1) Dimanche Indo – EU ropéen
(2) Dans la bouche du voisin, c’est un autre des * péchés capitaux
(3) Un 7-Up ne vous mènera jamais au *ème ciel
(4) Je subodore qu'elle soit morte couchée mais l'histoire ne dit pas si ce fut de *-icémie
(4)"Earth, Wind and Fire"


Et spécialement pour Frédéric : Merci pour les « delicudazioni » ! Tu as raison, dans le temps comme dans l’espace, pour garder le cap il ne faut pas perdre le…Nord !

Frederic Blondieau a dit…

"Earth, Wind and Fire" !!!
Bon là, c'est clair, tu dois te faire soigner!! :-))

Et pour les précisions, avec plaisir!!

lescrat a dit…

C'est pas facile d'écrire avec une camisole, tu sais... :-)

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