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dimanche 10 septembre 2017

bon sang ne saurait mentir





“(...) La plus ingénieuse torture qu’il inventa fut de parler à Miette de son père. La pauvre fille, ayant vécu hors du monde, sous la protection de sa tante, qui avait défendu qu’on prononçât devant elle les mots de bagne et de forçat, ne comprenait guère le sens de ces mots. Ce fut Justin qui le lui apprit, en lui racontant à sa manière le meurtre du gendarme et la condamnation de Chantegreil. Il ne tarissait pas en détails odieux : les forçats avaient un boulet au pied, ils travaillaient quinze heures par jour, ils mouraient tous à la peine ; le bagne était un lieu sinistre dont il décrivait minutieusement toutes les horreurs. Miette l’écoutait, hébétée, les yeux en larmes. Parfois des violences brusques la soulevaient, et Justin se hâtait de faire un saut en arrière, devant ses poings crispés. Il savourait en gourmand cette cruelle initiation. Quand son père, pour la moindre négligence, s’emportait contre l’enfant, il se mettait de la partie, heureux de pouvoir l’insulter sans danger. Et si elle essayait de se défendre :
– Va, disait-il, bon sang ne peut mentir : tu finiras au bagne, comme ton père.
Miette sanglotait, frappée au cœur, écrasée de honte, sans force.”

Émile Zola,

La Fortune des Rougon, 1871
(qu'en un premier temps, Zola aurait sous-titré “Les Rougon-Macquart, une famille où on a le choix: être veule et méchant, cinglé ou ivrogne”)



Zola et ses enfants Denise et Jacques, juste après la lecture de La Fortune
des Rougon.

Nous savons à présent qu'à l'issue de cette lecture, Denise penchait plutôt
pour un suicide par pendaison, Jacques pour la noyade, et Émile pour
l'assassinat de ses deux enfants avant de se donner la mort par balle























Bonjour à toutes et tous!

Bon, je vous f'rai pas l'topo, on est toujours en train de parcourir les dérivés de notre remarquable et prolifique racine indo-européenne *krei- “passer au crible, distinguer, différencier…”


Mine de rien, ça fait déjà un p'tit moment qu'on s'y intéresse...

Nous avons tout d'abord découvert que par son dérivé latin crīmen, elle nous avait légué...
crime, décerner, décret, décrétale, décréter, discerner, discriminer, incriminer, récriminer
est-ce un crime, un péché mortel, de faire des ronds dans l'eau?
*krei- “passer au crible, distinguer, différencier…”
⇓
forme suffixée *krei-men-
⇓
*racine proto-italique *kreimen-
⇓
Latin crīmen


Ensuite, nous découvrions, admiratifs, que c'était encore à elle que nous devions...
certain, certes, certificat, certifier, certitude, concert, concerter, concerto
tu es certain qu'au conservatoire, on reçoit un certificat d'études de Chopin?
ou encore  
discret, discrétionnaire, excrément, excrétion, secret, secrétaire, sécréter, sécrétion
le propre d'une secrétaire, c'est la discrétion
*krei- “passer au crible, distinguer, différencier…”
⇓
forme suffixée de son timbre zéro *kri-no- 
⇓
latin cernō, cernere, “séparer, tamiser”


Ensuite, médusés, nous devions admettre que d'elle provenaient aussi...
crible, cribler, criblure
Watson, c'est un cribe. - Un crible, Holmes? - Don, un cribe! - Ah, un crime! Votre rhume ne s'arrange guère, mon cher Holmes
*krei-, “passer au crible, distinguer, différencier…”
⇓
forme suffixée *krei-dhro-
⇓
proto-italique *kreiðro-
⇓
latin crībrum, “crible”



Et là, coup de grâce, la vérité nous était assénée: de notre *krei- si mimi dérivaient encore nos... 
crise
“Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes.” - François René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe
critique
Jean-Jacques, François-René et Alexandre...
critère, critérium, endocrine
“La popularité n’est pas un critère de qualité.” - Claude Brasseur
ou même
hypocrisie, hypocrite
"L'hypocrite sourit, l'énergumène aboie ; Les chiens de Saint-Médard s'élancent sur leur proie." Satires, le Russe à Paris - Voltaire
*krei- “passer au crible, distinguer, différencier…”
⇓
forme suffixée *kri-n-yo-
⇓
racine proto-grecque *kríňňō-
⇓
grec ancien κρῑ́νω, krī́nō, “juger, décider...” 



Ouuuf.






Ouais, *krei- “passer au crible, distinguer, différencier…”, c'est du lourd, ma bonne dame.



Avant de poursuivre, restons encore un court instant sur κρῑ́νω, krī́nō, “juger, décider...” .

Nous avons déjà vu que,
basé sur le grec ancien krī́nō, “juger, décider...”,
κρῐτής, kritḗs désignait celui qui jugeait. 

Mais il pouvait aussi vouloir dire “l'interprète”, reprenant le sens du moyen de κρῑ́νω, krī́nō.
(relisez donc "L'hypocrite sourit, l'énergumène aboie ; Les chiens de Saint-Médard s'élancent sur leur proie." Satires, le Russe à Paris - Voltaire.)

Eh bien, ce qui permet d'interpréter, ce qui exprime le volume, en pourcent, occupé par les globules rouges circulant dans le sang par rapport au volume sanguin total, c'est ...
l'hématocrite!

Hématocrite, du grec ancien αἵματος, haimatos, de αἷμα, haima, “sang”, et - dois-je le préciser? - κριτής, kritês.





Et maintenant, chers lecteurs, je vous propose d'étendre nos recherches.  

Car oui, pour qu'une racine indo-européenne puisse être précisément qualifiée d'indo-européenne, on doit la retrouver dans suffisamment de groupes linguistiques indo-européens que pour en déduire une ascendance indo-européenne. 
Dans le cas contraire, on conclura à une racine qui se serait développée au sein d'un groupe linguistique en particulier, sans plus, donc postérieure à l'époque du tronc commun indo-européen. 




Oh, nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises ce genre de racines ; je pense par exemple à la racine germanique *karlaz-: “homme”, dont on ne connaît pas vraiment de parent indo-européen.
On en parlait ici: le dimanche indo-européen est Charlie

Et jusqu'à présent, avouons-le, nous n'avons parlé que de descendants latins et grecs de notre *krei-.







C'est un peu court, jeune homme.


Nous allons donc, à partir de ce dimanche, faire le tour des autres groupes linguistiques où l'on retrouve notre vaillante *krei-.

À commencer par le groupe... germanique.

Avec un étymon
(germanique, si vous suivez toujours)
créé sur notre *krei-, à laquelle a été associé le suffixe instrumental *-tro- (qui donc indique que l’action est faite par, ou avec… ; suffixe que vous rencontrerez également sous des formes variantes *-dhro-, *tlo-, *-dhlo-...). 

Ce qui nous donne *krei-tro-.

- Mmmh, quoi? Aaah, vous voulez la connaître, cet étymon germanique, c'est ça? Oui pardon:
*hrīdra-, “crible, tamis...”.
tamis germanique


- Oui, et quoi, dites-vous? Aaah oui, ça vous évoque quelque chose? 

Ben oui. 

Car on a déjà rencontré *krei- accompagnée de ce suffixe instrumental, sous la forme *krei-dhro-, à l'origine du latin...  crībrum, de même sens: crible, tamis...
Un doute? Relisez Watson, c'est un cribe. - Un crible, Holmes? - Don, un cribe! - Ah, un crime! Votre rhume ne s'arrange guère, mon cher Holmes

Nous devons à ce proto-germanique *hrīdra-, “crible, tamis...”, par exemple, l'anglais riddle.

Alors, non, pas dans son acception de devinette, d'énigme, mais bien dans celle de crible, de claie, à laquelle correspond aussi le verbe to riddle: “passer au crible, cribler”.


English riddle. Sooo shabby chic.


Et pour tout vous dire, riddle nous arrive de *hrīdra- par le vieil anglais hridder, altération d'un précédent hriddel (toujours “crible, tamis...”), puis le moyen anglais riddil, ridelle.


*krei-, “passer au crible, distinguer, différencier…”
⇓
forme suffixée *krei-tro-
⇓
proto-germanique *hrīdra-, “crible, tamis...”
⇓
vieil anglais hriddel, “crible, tamis...”
⇓
altération
⇓
vieil anglais hridder, “crible, tamis...”
⇓
moyen anglais riddil, ridelle, “crible, tamis...”
⇓
anglais riddle, “crible, tamis...”, “passer au crible, cribler”. 




Allez, puisque vous aimez ça, je vous en donne encore un autre, d'étymon germanique probablement créé sur notre *krei-: 

*-hrainiz-.
Je précise “probablement”, car je suis prudent: mes sources habituelles, que je considère fiables et de bonne foi, ne le mentionnent pas. Marchons sur des oeufs: il s'agit peut-être d'une racine seulement germanique.

L'adjectif *-hrainiz- devait signifier au sens premier et littéral “propre” (pas sale, quoi), pur. 
Oui: je suppose qu'il faut l'entendre comme l'état de la criblure, après nettoyage et séparation des éléments étrangers par le passage au crible.
Et au sens figuré, *-hrainiz- qualifiait aussi ce qui était pur, innocent.

Il s'était fondé vraisemblablement sur une forme variante au timbre o de notre *krei-: *kroin-is.

Sur *-hrainiz s'est construit le verbe *hrainisōną, “nettoyer, purifier”.

Verbe qui se retrouve toujours derrière une foule de mots germaniques.

Mais ... l'histoire des dérivés de notre germanique *hrainisōną, “nettoyer, purifier” est tellement discutée que je préfère lui dédier un article à elle toute seule.

Que je vous promets passionnant...
Et avec quelques surprises à la clé...


Cet article, ce sera celui de ... dimanche prochain...

D'ici là, je vous souhaite un excellent dimanche, et une très, très, belle semaine.
Portez-vous bien!




Frédéric

Ah oui, j'oubliais! Pour ce qui est du passage de Zola en exergue, vous aurez compris que trouver une jolie citation sur hématocrite ne m'inspirait pas trop, d'où le titre de l'article, et cet extrait de La Fortune des Rougon...




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Et pour nous quitter,

un ... cover! 

Une reprise par Bach du merveilleux concerto pour hautbois de Marcello en ré mineur, S D935.

Par Bach, il devient, transcrit pour le clavier,
le concerto pour clavecin seul - également en ré mineur - BWV 974.


Au piano, pour l'Adagio, Anne Queffélec




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dimanche 3 septembre 2017

"L'hypocrite sourit, l'énergumène aboie ; Les chiens de Saint-Médard s'élancent sur leur proie." Satires, le Russe à Paris - Voltaire







Le masque de l'hypocrite tombe tôt ou tard : l'hypocrisie se trahit toujours par quelque endroit elle-même, c'est du moins un hommage que le vice rend à la vertu, en s'honorant de ses apparences.

Jean-Baptiste Massillon,
Maximes et pensées, 1742

Jean-Baptiste Massillon,
1663 - 1742
homme d'Église français,
évêque de Clermont en Auvergne.

























Bonjour à toutes et tous!


Bon, voilà, demain c'est la rentrée.
Finies, les vacances.

retour au travail...


Mais, fi de ces tristes pensées, revenons à notre grec ancien κρῑ́νω, krī́nō, “juger, décider...”

Vous connaissez certainement le préfixe ὑπο-, hupo-, “sous, dessous, en dessous”. 

Celui à l'origine de nos hypoglycémie ou hypocondriaque.  





“Sous, dessous, en dessous”: ὑπο-, hupo- connotait le sens des mots composés qu'il permettait de former en en - si je puis dire - réduisant l'amplitude sémantique: l'action dépeinte se faisait toujours, mais à un moindre degré. 


Ou alors, l'action s'opérait non plus nettement, avec force, mais d'une façon graduelle. 

En mode mineur.

Le composé grec ὑποκρίνω, hupokrī́nō ne faillissait pas à la règle, et pouvait se comprendre littéralement comme séparer, certes, mais... sommairement, graduellement. 

Distinguer? Oui, mais un peu, pas plus que ça ...


Mais avant d'aller plus avant, je vous propose un retour dans le passé. 

Du grec ancien, remontons le temps, cette fois jusqu'au proto-indo-européen.

Carrément.


Et intéressons-nous à la notion de voix grammaticales en indo-européen.

En indo-européen, à l'origine, on distinguait deux voix: la voix active, et la voix moyenne. 

Oui, je sais, il y avait encore la voix passive, mais elle ne fut qu'un développement tardif, souvent d'ailleurs créé à partir de la voix moyenne.

  • Voix active: l'action est exercée par le sujet. “Je fume une cigarette”
  • Voix passive: l'action est subie par le sujet. “Une cigarette est fumée”
  • Voix moyenne: l'action se retourne, se répercute sur le sujet. “Je me fume une cigarette”

Le moyen, la voix moyenne, ne se retrouve plus que très rarement, comme en grec ancien, ou en sanskrit.
Oui, bon, d'accord, on trouve encore la voix moyenne en islandais, mais ses verbes moyens ne sont pas hérités de l'indo-européen. Ça va, je peux continuer?
Notez encore que le passif étant souvent issu du moyen, dans les faits, les deux voix auront tendance à se confondre.

Ainsi, en grec ancien, le moyen et le passif sont identiques sauf au futur et à l'aoriste (c'est pour cela qu'on parle souvent de voix médio-passive ; ça évite de se prendre la tête à démêler le moyen du passif, et en plus - ce n'est pas à négliger - ça fait tellement plus intelligent). 


Et en sanskrit, le passif et le moyen ne se distinguent pratiquement qu'au présent ; ailleurs, c'est le moyen qui l'emporte, et est utilisé pour signifier l'une ou l'autre voix.

D'où d'ailleurs ce célèbre adage sanskrit: ल  फ़िन्  जुस्तिफ़िए  ले मोयेन, “la fin justifie le moyen”.

Et maintenant que le moyen n'a plus aucun secret pour vous, revenons donc à notre grec ancien κρῑ́νω, krī́nō, “juger, décider...”.

Car, voyez-vous, le verbe κρῑ́νω, krī́nō, qui donnait, à l'infinitif de la voix active, κρῑ́νειν, krínein, avait comme infinitif au moyen... κρῑ́νεσθαι, krinesthai.

Que l'on pourrait peut-être traduire...
- amis lecteurs hellénisants, hellénistes, donnez-moi votre avis! -
...par “juger / distinguer / décider pour soi”... “Se faire une idée de la question, se prononcer”. 
(j'aime beaucoup ce se prononcer, qui rappelle le prononcé du jugement)
“Se faire sa propre interprétation”...


Et...
- c'est ici qu'enfin tout se rejoint -
...si vous accolez le préfixe ὑπο-, hupo- au moyen de κρῑ́νειν, krínein, (j'ai nommé κρῑ́νεσθαι, krinesthai), vous obtenez ... ὑποκρίνεσθαι, hupokrinesthai.

ὑποκρίνεσθαι, hupokrinesthai, dont le premier sens était celui de répondre. En parlant d'un oracle.

Mais oui, de se prononcer à répondre, il n'y a qu'un pas. Surtout quand la réponse nécessite une interprétation.

Donc, petite récap', si la forme de la voix active de notre verbe, ὑποκρίνω, hupokrī́nō, signifiait séparer sommairement, sa forme moyenne, ὑποκρίνεσθαι, hupokrinesthai, signifiait répondre.

L'évolution sémantique de ὑποκρίνεσθαι, hupokrinesthai va cependant se poursuivre.
En commençant par se spécialiser. En langage théâtral.

De son signifié de répondre, le mot passera à celui de répondre, oui, mais ... à un autre acteur, sur scène.

D'où ... jouer un rôle. Faire l'acteur.


L'acteur ne fait qu’interpréter un personnage, imparfaitement.
D'autant que l'Actors Studio n'existait pas encore, à l'époque.
Paul Newman à l'Actors Studio, années 50

Et en plus, essayez, vous, d'incarner de toutes vos tripes, d'être un personnage sur scène, de vous donner corps et âme, affublé d'un masque qui vous donne une tête de merlan ; on en reparlera...




On retrouve bien dans cette définition du jeu de l'acteur, par nature imparfait, la demi-teinte, le mode mineur apporté par ὑπο-, hupo...
Et la voix moyenne du verbe suggère que l'acteur interprète tout autant pour lui-même que pour le public...

Enfin - dernière évolution de son sens, de jouer un rôle sur scène, le verbe en est venu à signifier jouer un rôle... dans la vie: feindre, mimer, pratiquer le faux-semblant.


Le grec ancien ὑποκριτής, hupokritếs, désigna ainsi
  • celui qui donne une réponse: l'interprète d'un songe, le devin, puis 
  • l'acteur, et enfin
  • le fourbe, l'hypocrite.

ὑποκριτής, hupokritếs, emprunté des siècles plus tard en bas latin ecclésiastique pour devenir hypocrita, “mime”, sera emprunté en ancien français, fin du XIIème, pour donner ipocrite.

Une petite réfection, et hop, nous en sortirons hypocrite.


Même parcours pour notre hypocrisie, noté sous la forme ypocrisye fin du XIIème.

Du bas latin hypocrisis, emprunté au grec ancien ὑπόκρισις, hupókrisis, “réponse” (dans un dialogue de théâtre), d'où “jeu de l'acteur”, d'où “feinte, faux-semblant”.



*krei- “passer au crible, distinguer, différencier…”
⇓
forme suffixée *kri-n-yo-
⇓
racine proto-grecque *kríňňō-
⇓
grec ancien ὑποκρῑ́νειν, hupokrínein, “séparer sommairement”, 
au moyen ὑποκρίνεσθαι, hupokrinesthai, “répondre...” 
⇓
grec ancien ὑπόκρισις, hupókrisis, “réponse...”
⇓
bas latin ecclésiastique hypocrisis
⇓
ancien français ypocrisye
⇓ 
réfection
⇓
français hypocrisie









Je vous souhaite, à toutes et tous, un excellent dimanche, une très belle semaine!

À dimanche prochain?





Frédéric





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Et pour nous quitter,

Encore l'ensemble canadien Tafelmusik, qui, décidément, m'a tapé dans l'oreille...

Avec cette fois, l'Allegro du 
Concerto pour deux violons en Ré mineur, BWV 1043, 

de Johann Sebastian Bach




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